Novembre 2017


1 au 18 novembre 2017
Vernissage: Samedi le 4 novembre, de 14 à 17h
Galerie 1

Theresa  Passarello

 

La nouvelle série d’oeuvres de cette exposition intitulée Lacunae continue d’étudier les enjeux qui me préoccupent depuis une décennie, soit la mémoire et le langage, le corps humain dans des lieux de transformation ou des représentations de moments de conscience, souvent évoqués au moyen de la métaphore de l’eau. Le titre Lacunae (espaces non remplis, vides, éléments manquants) renvoie à une focalisation et une préoccupation plus directes sur l’absence de mémoire, le vide entre ce que nous savons et ce que nous ignorons, ainsi que l’écho qui subsiste dans son sillage. Dans l’exploration visuelle de ces thèmes, mes deux pôles esthétiques d’analyse, c’est-à-dire les créations figuratives et les oeuvres axées sur le texte, se sont mis à se regrouper, à se combiner; à un point tel qu’une interaction nuancée ou complexe des éléments de mon vocabulaire pictural a émergé.

Dans les oeuvres sur toile, les ébauches de texte (des extraits de mes journaux personnels) se perdent spontanément dans la fugacité, succombant à l’eau, sesmouvements organiques d’ondulations et de formes circulaires, articulant un lieu esthétique qui s’ancre dans une abstraction croissante. Le texte et les images se soumettent à cette itération plus abstraite, passant tour à tour de la forme au vestige, et de la réalité à la trace, alors que je me laisse réagir intuitivement à ma propre facture et mon propre geste. Cette structuration, ou signalétique préverbale, reflète les idées d’effacement et de perte de la mémoire qui m’ont habitée dans mes oeuvres sur Mylar, présentées sous forme de jeux de lettres obscurs, de palimpsestes. Ici, mon refrain de mots peints au pochoir est bredouillé, répété, effacé contre un fond rempli d’espaces inoccupés et de vides; émulant les obstacles et les obstructions nous empêchant de connaître le passé et de pouvoir nous faire confiance. En renonçant à mon emprise sur une image pleinement formée ou un texte lisible, les espaces s’ouvrent, deviennent plus évocateurs et significatifs, tels des lieux de possibilités et de découvertes; une condition vers laquelle  j’aspire continuellement en tant qu’artiste visuelle.

 

Née dans les Bahamas, Theresa Passarello est un diplômé du programme Studio Arts de l’Université Concordia et a un diplôme en génie civil de l’Université de Waterloo également. Le travail de Passarello considère la condition humaine, en particulier les thèmes de l’impermanence, le désir et la mémoire à travers une esthétique figurative et la peinture conceptuelle à base de texte, dessin et l’installation. Passarello a exposé dans de nombreux d’expositions à Montreal (Beaux-Arts-des-Ameriques, Les Territoires, Galerie Erga and Galerie E.K. Voland), Toronto (Propeller Gallery, Gallery 1313) et NYC (Upstream Gallery), son travail a été publié dans les magazines d’art et est recueillie à travers le monde dans des collections privées et des entreprises.