Billets du jour : septembre 16, 2019

septembre-octobre 2019

 

18 septembre au 5 octobre 2019

Vernissage: le samedi 21 septembre,14h-17h

Galerie 1

Théo Golb

Vestiges, cercle du temps 

L’abstraction de Théo Golb met en valeur l’expression esthétique et philosophique de l’artiste quant à l’importance de la délinéation et de la perspective dans la composition ainsi que l’empirisme, l’historicité et les positions théoriques sur la culture. Héritier spirituel de plusieurs cultures, au début, le peintre a été fortement influencée par le leitmotiv cubiste et suprématiste. Cependant, son évolution personnelle a comporté une attention accrue à la configuration linéaire et planaire, aboutissant à une abstraction géomorphologique et à une allusion métaphysique, le tout en allant à l’encontre de l’historicisme de l’art et d’une attitude déférente à l’égard des préoccupations esthétiques prédominantes de la pratique artistique contemporaine: une pratique qu’il défie audacieusement avec acuité et une élocution remarquable. La méthodologie complexe de Théo Golb, laquelle s’oppose à la primauté du geste théorique et inflexible du conceptualisme qui sature une grande partie du discours contemporain, fait converger un relief ontologique architectural et une orientation coloriste abstraite pour illustrer une rupture saisissante avec cette fascination discursive pour l’historisme d’art et la contextualisation visuelle. Alors que l’artiste sculpte avec de la peinture des évocations du symbolisme classique ou des manifestations intemporelles inspirées par les lettres.

Les champs visuels sont des organismes géométriques denses et complexes, rappelant la musicalité des couleurs, des lignes et des espaces introduits par Kandinsky, ainsi qu’une évaluation polémique errante avec Malevitch, dont la référence historique est souvent mal placée par certains critiques d’art. L’affirmation personnelle de l’artiste est que l’œuvre est sans précédent, car au moyen d’une étonnante dextérité optique, elle produit un résultat qui l’éloigne des traditions et de toute reconnaissance immédiate par l’histoire de l’art. Les premières expériences apparaissent comme relevant du surréalisme, et nous avons l’écho de la réduction cubiste. Mais quand on assiste au vibrato polysémique des couleurs contenues dans les traits de peinture habilement gravés de Golb, on ressent une orchestration du chaos aspirant à une métaphysique poétique. Les traces visuelles d’un schéma cartographique et de l’intégration latente d’une référence architecturale réelle indiquent que, mis à part la force compositionnelle de la musicalité oculaire, l’artiste possède – comme point d’appui – une latitude unique qui fusionne l’illusion d’optique, l’ontologie et le matériau aiguisé archaïque et historique requis pour exprimer sa fracture optimale avec une abstraction lyrique ou pure. Une évacuation cartographique qui insinue, avec une ironie concise, que l’historicisme de l’art peut être toléré même s’il est essentiellement la construction d’un conservatisme historique. Une juxtaposition philosophique est évidente dans le contrepoint intense de Théo Golb, lequel constitue une morphologie «grise» ontologique au milieu du spectre du monde académique myope.

Théo Golb est né en Chine de parents ukrainiens. Il partage la première partie de sa vie entre l’Allemagne, l’Ukraine et la Lituanie. En 1992, il s’installe définitivement à Montréal. Gradué de l’Université linguistique de Minsk, Biélorussie. Diplômé du Studio-théâtre. 1988 – 1990 il crée des fresques et une grande série de vitraux pour la Collège 53 de Vilnius, (Lituanie). En 1994, il participe à l’exposition collective à la galerie Entrecadre, Montréal, (Canada). Depuis 2016, ses oeuvres sont exposés en permanence à la galerie Richelieu, Montréal, (Canada). Expostion solo et collective à la Galerie Luz, Montréal (Canada) 2019.

 

Galerie 2

Joseph  Chahfe

Code – barres

Comment concevoir un amalgame – en apparence inexécutable- entre, d’un côté les codes-barres, ces effigies inertes de l’hyper modernité inventées dans le but d’accorder l’identification (commerciale) aux objets, et de l’autre côté, des textures imprégnées de monochromies si vivantes ? Joseph Chahfé se propose de créer cet assemblage unique entre le monde des figurations profanes et quotidiennes -tels les chiffres identifiant les marchandises qui nous entourent- et celui de l’univers de la remémoration affective recréée par les gammes de couleurs denses en histoires observées et vécues. Cette démarche de l’artiste aboutit dans la mesure où cette coexistence devient elle-même la matrice génératrice des ouvrages présentés dans la cadence d’un regard séquentiel.
Un code constitue un système de signes dont la combinaison provoque une infinité de désignations d’objets matériels et incorporels. Les codes-barres composent dans ce sens un langage alphanumérique qui a pour but l’identification de chaque composante appartenant à l’univers des marchandises. Il convient de reconnaitre que les frontières entre les objets et les sujets sont de plus en plus délayées lorsqu’on constate l’onde expansive de cette codification, à travers laquelle on est capable d’englober un appareil informatique, un légume ou même l’identité personnelle, avec la codification des passeports. Cette apparence tentaculaire des codes sur les sujets et sur l’espace du vivant pourrait évoquer des réflexions pessimistes ou catastrophistes sur la nature humaine et son devenir. Nonobstant, les peintures de Joseph Chahfé nous soumettent à un exercice de réflexion plus ardu que la simple déclamation démagogique. Dans cette entreprise iconographique, la mémoire s’incarne en amples surfaces habitées par des reliefs chromatisés, en connotant les murs des paysages urbains, où les couches de matières hétéroclites, tel nos souvenirs, s’accommodent et se mêlent en conformant notre espace visuel/affectif. Ce sont ces morceaux de murs qui nous indiquent le mémorable ainsi que l’oubliable de nos vécus. Dans ce sens, la mémoire, tout comme les codes-barres, conforme une sorte de syntaxe avec ses propres procédures de (de) codification. Les ouvrages de Joseph Chahfé dressent un parallélisme fondamental entre les codes et la mémoire : toute action mnémotechnique entraine également une action graphique.

Joseph Chahfé nous incite à observer (auto) réflexivement, dans un jeu de miroirs, la traçabilité de notre propre identité.

Dr. Jorge Pantaleón
Professeur Agrégé/ Associate Professor
Département d’Anthropologie 
Université de Montréal

Né en 1959, l’artiste Libano-Canadien Joseph Chahfe résidant à Montréal, est titulaire d’un baccalauréat en Beaux-Arts de l’Université du Québec à Montréal datant de 1987. Ses peintures et installations, régulièrement exposées dans le monde Arabe et international depuis les années ’90, font l’objet d’expositions individuelles et collectives au sein de prestigieuses institutions telles que le Katzen Arts Center de l’American University à Washington DC, l’Institut du Monde Arabe à Paris ou le Musée d’Art Moderne de Cartagena en Colombie dont la collection permanente comprend des œuvres de l’artiste.

Récemment, l’artiste exposait à la Sultan Gallery à Kuwait ainsi qu’à Art Dubai et Art Abu Dhabi aux Émirats Arabes Unis. Ses œuvres sont en exposition permanente à la Galerie Janine Rubeiz à Beyrouth.

 

 

Galerie 3

 Tuan Vu

Beach Life

Tuan Vu est né à Saïgon en 1971 et a immigré à Montréal en 1981 pendant la vague de «boat people».

Ingénieur de télécommunication de formation, Tuan Vu est un artiste autodidacte en photographie depuis 2010. Il a étudié en photographie en 2012 à l’Université de Montréal. Il a aussi suivi les cours en peinture et dessin en 2016 à l’Université de Montréal.

Ses œuvres ont d’abord été exposées en 2010, dans le cadre d’un encan organisé en soutien à Haïti, alors dévastée par un tremblement de terre. En 2016, il a participé à une exposition collective en photographie à la Galerie GOT et une première solo à la Galerie LUZ en 2018. De nouveau à la Galerie LUZ pour une exposition collective avec la série intitulée “Beach Life”. Miami (États-Unis)